mardi 12 juillet 2016

Indispensable Présence Africaine




Vous ne pouvez pas rater cette librairie du quartier latin. À deux pas du Collège de France, sur son fronton on distingue le motif majestueux d’un haut de masque Dogon couleur soleil sur fond ébène. Ce dernier représente un homme debout,  un symbole puissant pour l’homme noir et son continent : l’Afrique.  Avant d’être l’incontournable librairie du monde africain au cœur de Paris qui a ouvert ses portes dans les années 60, « Présence Africaine » est une revue fondée en 1947 par Alioune Diop (1910-1980). Elle existe encore aujourd’hui. C’est aussi une prestigieuse maison d’édition, dirigée par Christiane Diop, veuve du fondateur qui publie des auteurs d’Afrique au sens large, à la fois du continent et de la Diaspora.  Libraire depuis presque 20 ans en ce lieu historique d’échanges et de rencontres, Marie Odile Boyer nous reçoit pour nous faire découvrir et partager cette littérature exigeante et foisonnante avec laquelle il faut compter. 

Quel est le livre le plus emblématique de la librairie et que vous défendez avec ferveur ?
Il y a deux livres piliers : « Nations Nègres et cultures » de Cheikh Anta Diop  (Présence Africaine) qui démontre l’antériorité des civilisations noires dès l’Égypte antique et « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire (Présence Africaine), sa première œuvre poétique qui crie son attachement à sa terre, à son peuple, à la force de son peuple qui a traversé l’ignominie de l’esclavage. Breton avait lui même été touché par ce texte profondément surréaliste. 


Une brève de librairie
 Un moment un peu surnaturel, un client s’approche du rayon poésie et son regard s’accroche au  « cahier d’un retour au pays natal » de Césaire, et là, il se met à déclamer, de mémoire, les premiers vers. Quand il s’arrête un autre client qui avait tourné la tête en l’entendant prend la suite, puis un troisième. Et pendant un moment ces trois hommes ont échangé comme s’ils se retrouvaient après une longue séparation...
 Présence c’est comme ça, c’est un lieu assez magique, où les gens se rencontrent, se retrouvent, se ressourcent, se donnent rendez-vous, se cherchent... Présence est une source.

Librairie Présence Africaine
25 bis rue des écoles 
75005 Paris
01 43 54 15 88 



Des lucioles pour voir dans l'obscurité


Impossible à Vienne de passer à côté du Forum, l'un des plus beaux monuments de la Gaule romaine. En face de ce temple d'Auguste et de Livie édifié au 1  er siècle avant J.C vous ne pourrez manquer la majestueuse librairie Lucioles. Éclairante et lumineuse au cœur de l’obscurité voilà comment Michel Bazin et Norbert Parazon, à l’image de ces petits insectes ont imaginé leur librairie lorsqu’ils l’ont créée en 1976.  Donner le goût de la lecture et ouvrir les esprits à la culture est la mission qu’ils s’étaient assignée à l’époque et que poursuit aujourd’hui fidèlement la toute jeune équipe à qui Michel Bazin a passé la main : Renaud Junillon son bras droit depuis des années et Alain Bélier, fidèle lecteur, tous deux co-gérants de l’enseigne depuis 2011.  Sur les quarante dernières années et après plusieurs déménagements, la librairie s’est développée considérablement en passant de 30 m2 aux actuels 200 m2.  Au fil des ans, de nombreuses initiatives ont vu le jour : le Prix lucioles (l’un des premiers prix de libraire en France), le prix junior, le prix lycéen et le prix BD,  tout cela assorti d’une politique d’animations et de rencontres très soutenue. C’est Renaud Junillon qui nous accueille pour nous faire partager ses livres coups de cœur.



Quel est votre livre culte, qui est le plus emblématique de la librairie ?
« Les saisons » de Maurice Pons qui vient tout juste de disparaître en juin dernier (Bourgois). Une de mes premières découvertes quand je suis arrivé à la librairie. Un roman fabuleux, nous le remettons sans cesse sur notre table de nos choix. Une histoire sombre, dérangeante, kafkaïenne à souhait, mais magnétique. C’ est un grand classique, il y a ceux qui l’ont lu et les autres. Et pour les premiers c’est l’un des plus beaux livres qui soit. 

Brève de librairie :
Comme tous nos confrères, nous avons des perles comme « Avez-vous la ferme des animaux d’Orson Welles ? », mais celle qui m’a amusée, c’est un homme qui voulait savoir si nous avions « Homicides multiples dans un hôtel du bord de Loire » de l’écrivain de polar anglais L.C Tyler (Sonatine). Nous lui répondons par l’affirmative et là, très amusé,  il nous rétorque « C’est moi l’auteur ». Il voulait juste vérifier que nous avions son livre.

Librairie Lucioles
13-15 Place du palais
38200 Vienne
04 74 85 53  08


Des livres et des Tartines à Sarrant



En 2000 quand Didier Bardy et Catherine Mitjana ont fait une étude de marché pour créer une librairie dans ce joli petit village fortifié du Gers, tous les critères étaient négatifs. Et c’est justement pour cette raison qu’ils se sont lancés dans ce projet fou qui aujourd’hui est une réussite. Ne dites pas à cet ancien chargé de mission en développement rural que la clé du succès c’est son idée de Tartinerie qui propose des livres. Non pour lui c’est une librairie qui propose des tartines, la nuance est de taille. C’est un lieu selon lui « d’utilité publique », où les gens vivent des temps de repos, de partages et peuvent s’adonner à toutes leurs gourmandises, mais avant tout celles du cœur et de l’esprit. Car il s’en passe des choses à la Librairie Tartinerie. En plus des traditionnelles rencontres, lectures et dédicaces, l’équipe organise des spectacles de musique et de théâtre, des expositions et aussi  chaque année  « Les Estivales de l’illustration » pour les fous de dessins et amateurs d’images. C’est Didier Bardy qui nous reçoit pour nous faire part de ses enthousiasmes du moment. 

Quel est le livre culte pour vous que vous défendez depuis toujours avec ferveur ?
« Le livre de l’intranquillité » de Fernando Pessoa. Un texte que vous pouvez ouvrir à n’importe qu’elle page et vous vous échappez, vous réfléchissez, vous méditez, vous vous évadez.  Sa poésie est magnifique.  

Une brève de librairie
Il y a des rencontres à la librairie qui vont parfois jusqu’à des mariages. On voit des  familles se former, des gamins naître et grandir. C’est cet élan de vie, ces liens qui se créent qui nous touchent le plus. 


La Librairie Tartinerie
Place de l’église
32120 Sarrant

05.62.65.09.51

mercredi 22 juin 2016

Paris perdu: le Tabou à Saint Germain des Près


Ce mythique club de jazz  était installé dans la cave d'un petit bistrot rue Dauphine à l'angle de la rue Christine. Inauguré en 1947 il devient très vite le rendez-vous des zazous, des existentialistes et  de tous les intellectuels, écrivains, journalistes, artistes de Saint-Germain des près.  On pouvait y croiser entre autres: Queneau, Artaud, Sartre et Beauvoir, Miles Davis, Gaston Gallimard, Juliette Gréco en animatrice et ambassadrice des lieux.


" Très vite le Tabou est devenu un centre de folie organisée" Boris Vian

Défi autoportrait


L'an passé, j'ai relevé le défi lancé par les Urban Sketchers de réaliser un autoportrait par jour. Mission accomplie, je ne pouvais plus m'arrêter. Voici une sélection de mes réalisations au fil des jours, au grès de mes inspirations et de mes humeurs.  

Au calame à l'encre rouge et noire 


Après mon yoga


Après l'expo Tudor


A la façon de Jacques de Loustal pour Série Noire

A la façon de Frédéric Pajak dans le Manifeste incertain

En petite fille sage dans le miroir ancien de ma mère



Autoportrait dans le noir
Après l'expo Bowie








Paris sera toujours une fête


Des lieux emblématiques de notre belle capitale. Lieux de fête, de distraction, de rencontres et de partage. Cette série à l'aquarelle est un hommage à Paris, ses couleurs, sa splendeur.

Montparnasse

Montmartre




Saint Germain des Près 

Montparnasse

L'alignement du Carousel du Louvre



Vive la jeunesse



L’école est bientôt finie, une bonne raison d’aller à l’Émile, pour faire le plein de bonnes lectures pour l’été. « Librairie des écoles et de la jeunesse » peut-on lire en gros sur le fronton de la devanture de cette ravissante librairie à deux pas de la prestigieuse école parisienne : Active Bilingue. Créée dans les années 80 par Guillaume et Naza Chiffert, l’Émile est une véritable institution pour les écoliers du quartier qui y trouvent tous les livres pour étudier (en français et en anglais), mais aussi et surtout pour s’évader et se détendre. Lauriane Le Dus, aidée de deux autres libraires, gère de sa belle énergie cette enseigne qui tire son nom de l’ « Émile ou De l’éducation » de Jean Jacques Rousseau. C’est elle qui nous reçoit ce jour pour nous faire part de ses coups de cœur. 

Quel est le livre le plus emblématique  de la librairie
Alex Rider d’Anthony Horowitz (Livre de poche jeunesse), voilà une série en dix tomes qui traverse les générations. L’histoire d’un orphelin de 14 ans engagé par le MI6  et qui enquête par ce biais sur la disparition mystérieuse de son oncle lui-même agent des services secrets britanniques.  Nos lecteurs les ont tous lus et tous conseillés à leur entourage. Un  véritable phénomène. 

Une brève de librairie
Un souvenir qui m’a beaucoup touchée, celui d’une ado qui rentre à la librairie et m’explique qu’elle n’aime pas lire.  Je luis conseille alors d’essayer « Le noir est ma couleur » d’Olivier Gay (Rageot). Elle est revenue 3 jours après m’acheter tous les livres de la série, elle avait des étoiles plein les yeux. 

L’Émile
136 avenue Émile Zola
75015 Paris

01 40 59 86 40